Le commandant François FAYOLLE
"l'étoffe d'un héros"
Né le 8 Septembre 1916 à Issoire (Puy-de-Dôme), le commandant Fayolle s'engage comme élève pilote le 13 Mars 1939;
Après être passé par les bases d'Istres et d'Avord, il est breveté pilote d'avion militaire le 21 Juillet 1939.
Nommé sergent le 3 Novembre 1939, l'Armistice le surprend alors qu'il était nommé à la base d'Oran;
Refusant la défaite, sans avoir entendu l'appel du 18 Juin, malgré l'exhortation du commandant de la base à ne pas chercher à poursuivre la lutte, il décide rejoindre les alliés britanniques.
Le 29 Juin 1940, avec un autre sous officier de la base d'Oran, il rejoint Gibraltar aux commandes d'un "Simoun", et de là , Londres. Quatre sous officiers (Mouchotte, Guérin, Lafont, un sergent mitrailleur) avaient rejoint également Gibraltar aux commandes d'un "Goéland", emmenant avec eux deux sous lieutenants de l'armée de terre.
Le 1 ier Juillet 1940, le sergent Fayolle s'engage dans les forces aériennes de la FRance libre. Affecté au squadron 85, commandé par Peter Townsend, Fayolle voit enfin le moment de combattre l'ennemi. Déception, cette unité très éprouvée, est aussitôt mise au repos.
A force d'insister, Fayolle parvient à se faire muter au squadron 242 basé à Northweald. Il aura l'insigne honneur d'être des quatorze pilotes français qui, avec leur camarades britanniques et étrangers, participerons à la bataille d'Angleterre, tous réunis dans ce combat dont Winston Churchill dira "jamais dans l'histoire des conflits humains, tant d'hommes ont dû autant à si peu d'entre eux."
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Nommé lieutenant le 24 Septembre 1941, il rejoint en Novembre, ses camarades français, réunis en Ecosse pour former le groupe Île-de-France. Il y occupera la place d'adjoint du capitaine Dupérier, patron du "B Flight Versailles".Revenu dans le Sud, avec le groupe, il y remportera sa troisième victoire, à Westhampnett (Tangmere) ou il endommagera aussi deux autres appareils allemands. Succédant le 11 Avril 1942 à son chef de "flight", il est promus capitaine. Nommé commandant le 1 ier Août, le haut commandement de la RAF lui donne le commandement d'un des premiers squadrons britanniques de chasseurs bombardiers (Hurricanes), le Squ. 174, honneur exceptionnel pour un officier allié. C'est comme le leader de cette unité que le commandant Fayolle trouvera la mort, dans le ciel de Dieppe, trois semaines plus tard, le 19 Août 1942.
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Citations, décorations
En plus de 25 mois de campagne, abattant 5 appareils ennemis, mettant à feu ou endommagent 25 navires ennemis, le commandant Fayolle a obtenu 5 citations:
Il est titulaire des décorations suivantes:
-Légion d'honneur
-Compagnon de la libération
-Distinguished Flying Cross
-Croix de guerre 1939-1945
Le choix du nom de tradition "Commandant Fayolle" pour la base aérienne 145 d'Aulnat, est motivé pour les raisons suivantes:
-Le commandant Fayolle est né en Auvergne, région ou est implantée la base aérienne 745.
-Officier issu du rang, chasseur brillant et intrépide jusqu'à la mort, le Cdt Fayolle est l'exemple idéal pour les futurs pilotes de l'armée de l'Air dont la base aérienne 745 assure la formation initiale.
Extraits de témoignages et anecdotes
(tirés d'un livré édité à l'intention des membres du personnel naviguant de la base 745 de l'armée de l'air)
Le départ d'Oran (Par le Colonel Henry Lafont et Jean Stourm)
Elevé dans une solide tradition militaire, ce fils d'amiral et petit fils de Maréchal de FRance, n'avait pu concevoir d'accepter la défaite en 1940.Aussi au moment de l'armistice, à Oran, où il poursuivait son entraînement aérien, avait -il immédiatement cherché à rejoindre ceux qui, à Londres, allait continuer la lutte autour du général Degaulle.
Pour lui, c'était là un devoir qui allait de soi et, avec Henry Lafont, François de Labouchère et René Mouchotte, animant un petit groupe de pilotes, ils trouvèrent que le moyen le plus efficace pour rejoindre l'Angleterre était "d'emprunter" un avion pour rejoindre Gibraltar. Sur l'aérodrome de La Sénia, avec tous les appareils qui se repliaient de France, il y avait le choix.
Le départ fut donc fixé au levé du soleil le 30 Juin. La veille, nous devions nous rendre compte qu'il y avait de nombreux vélléitaires dans notre groupe et que nous ne restions plus que 5 au moment de la décision finale. Nous nous sommes donc partagés en 2 équipes, Moucotte, Guérin et moi, accompagné de 2 camarades de l'armée de terre que nous avions rencontrés à Oran pendant nos recherches, Held et Saurret devions décoller au petit jour à bord d'un Caudron "Goéland", tandis que Fayolle et Stourm, qui avaient choisi un Caudron "Simoun", quittaient la Sénia vers 8 h du matin, au moment où, paraît-il, le commandant de la base, qui avait réuni le personnel au moment ce notre départ, déclarait que le "Goéland" serait le dernier avion à quitter Oran pour rejoindre l'Angleterre.
Après avoir rassuré la sentinelle de nos intentions et prétextant une inspection techniquede l'appareil, nous nous sommes éloignés pour revenir une heure après vers 8 h. Là nous avons eu de la chance, il n'y avait plus de sentinelle. François est monté le premier et j'avais à peine refermé la porte que François, installé au poste de pilotage, actionnait le démarreur à air comprimé. Malheureusement, l'avion ne ne démarra pas. J'était derrière lui et, n'ayant pas encore eu le temps de m'asseoir, je lui dis: "pas la peine de s'affoler, cuits pour cuits, on racontera une histoire." Il tire une deuxième fois, sur le démarreur et l'hélice cette fois, se met en marche ..Il avait oublié de mettre le contact..
Sans prendre la peine de chauffer les moteurs, en zigzagant sur plusieurs centaines de mètres à travers les avions qui étaient entassés dans ce secteur, nous avons ensuite décollé tout droit et après le premier virage, nous nous sommes serrés la main.
Le voyage s'est passé tout à fait normalement , nous avons suivi la côte. Auparavant nous avions vérifié qu'il y avait des parachutes à bord car nous ignorions si à Gibraltar, nous pourrions atterrir. En fait ce n'était qu'un hippodrome qui faisait 800m de long.
Quelques instant avant d'arriver , nous avons croisé un important bâtiment britannique et nous avons battu des plans et n'avons pas eu de problème.
A Gibraltar, le vent venait de l'Est, nous avons fait un circuit assez bref et après être passés tangeant au fameux rocher, à 180°, nous nous sommes présentés pour l'atterrissage.
A ce moment là, les Espagnols nous ont tiré dessus. Je ne m'en suis pas aperçu, mais c'est après nous être posés sans encombres que les Anglais nous ont dit que nous avions essuyé la DCA. C'est tout de même un peu curieux de penser que notre baptême du feu n'a pas été le fait des Allemands, mais celui des Franquistes !!
accueil extraordinaire des Britanniques en commençant par un déjeuner sur un vieux cuirassé au mouillage.
La première victoire ( d'après un témoignage de l'Amiral Philippe de Scitivaux)
C'est à Northweald, un terrain au nord-est de Londres, que j'ai connu François au 242 ième squadron. Il venait à cette époque du 85 ième de Peter Townsend, et avec lui je suis parti ensuite à Manston, au Sud-Est de l'Angleterre.
Ce n'était pas encore Ile-de-France, mais nous y étions plusieurs pilotes français:François de Labouchère, Bernard Dupérier, Demozay. A ce moment, le général Valin essayait de regrouper les pilotes français disséminés dans les squadrons anglais afin de créer un squadron français Ile-de-France.
En ce printemps 1941, les bombardiers allemands faisaient chaque nuit sur Londres, des dègats absolument épouvantables. Des quartiers entiers flambaient. Le gouvernement, n'ayant pas assez de chasse de nuit, décida d'employer des chasseurs de jour.
Le 10 mai, il y avait une belle lune et une très belle visibilité, ce qui nous permettait d'y voir assez. Le radar n'était pas, tant s'en faut, suffisamment perfectionné pour nous diriger sur tel ou tel appareil ennemi et, comme nous opérions en individuels, cela aurait de beaucoup surchargé les transmissions.
Je me souviens que ce jour là, j'ai rencontré à 21000 pieds d'altitude, un bombardier allemand que j'ai descendu. Les Anglais en avait été fort surpris mais, comme on a retrouvé l'épave, il m'a été homologué. Fayolle en avait abattu un autre.
Plus tard en Novembre 1941, nous avons été mutés à l'Ile-de-France où nous nous sommes retrouvés exclusivement entre pilotes français.
La dernière mission .....( source: Connaissance de Dieppe Octobre 1999)
Le 19 Août 1942, François Fayolle, du squadron 174, décolle de la côte anglaise. Il est 4h30 du matin, destination Dieppe; Le commandant est au sein d'une flotte de mille appareils de la Royal Air Force. Volant à basse altitude sous les tirs intenses de la DCA allemande, les pilotes larguent entre 5h20 et 5h25, quatre bombes de 250 livres et 16 de 500 livres.
Le bombardement terminé, François Fayolle et ses compagnons concentrent leurs attaques à la mitrailleuse sur le terrain d'aviation de Dieppe-St-Aubin, occupé par l'aviation militaire allemande. Il est alors porté disparu. On a retrouvé depuis, pense t'on, l'hélice de son appareil enfoncé dans un terrain de Janval, route des vertus.
"Aviateur précipité du ciel pour être brisé sur terre" comme l'a dit le général Degaulle, François Fayolle est, selon les termes de Sir Archibald Sinclair, Ministre britannique de l'air, en 1944, " le symbole de la fraternité entre le Royaume-Uni et la France".
François Fayolle n'a pas été oublié à Dieppe, une rue porte son nom, une plaque commémorative a été apposée sur le mur de la rotonde, en front de mer, et désormais c'est l'aérodrome de Dieppe-Saint-Aubin qui porte son nom.
107 aviateurs de la RAF furent tués au cours du raid sur Dieppe.
Visite du Général Degaulle, Manston, 1941.
De gauche à droite: François Fayolle, René Mouchotte, Maurice Choron, Bernard Dupérier, général Valin.